Depuis plus de douze ans, l'actualité ludique en décalé... très décalé !

vendredi 2 septembre 2016

Full Moon, par Claude Leroy et The Horrors

Un article initialement publié le 21 avril 2013, sur l'ancien blog Chouette la Vie.


Full Moon est un petit jeu tactique pour deux personnes. Il a été créé par Claude Leroy, et publié par Jactalea en 2013. Il se compose de douze tuiles « Loup » et d'un jeton « Pleine lune ». Les loups sont de quatre couleurs (noirs, roux, gris et blancs) et présentent une, deux ou trois empreintes de pas. Pour gagner, il suffit de superposer quatre loups de couleur différente dans une même colonne.



Au début, on aligne les douze tuiles sur la table. Elles sont toutes orientées de la même façon, de sorte qu’un joueur joue avec les têtes de loup, l’autre avec les pattes. À son tour, chacun déplace une ou deux tuiles, vers la droite ou vers la gauche, du nombre d’empreintes indiqué sur le premier loup (le plus proche de soi). On ne peut bien sûr atterrir que sur une colonne comportant déjà des animaux, par conséquent, les colonnes vides ne comptent pas. De même, il faut prendre garde de ne jamais avoir deux loups de même couleur dans une même colonne. Après chaque déplacement, on dépose la Lune sur la colonne d’arrivée des tuiles, d’un côté ou de l’autre.
La lune impose une contrainte : le joueur suivant devra obligatoirement jouer soit une tuile de même couleur que celle indiquée par le jeton « Lune », soit une tuile comportant le même nombre d’empreintes. S’il ne peut satisfaire à cette obligation, il passe son tour.
Le premier joueur à empiler quatre loups de couleurs différentes gagne la partie et décroche la lune !


Full Moon est un jeu rapide et astucieux. Il est très facile à apprendre, à mettre en place, et à jouer. Sa petite boîte permet de l’emporter partout, et les très jolies illustrations de Cyril Bouquet lui donnent un côté sympathique. Full Moon s’adresse à un public très large. On a même surpris le groupe britannique, The Horrors, en train d'en chanter les louanges sur un CD de démo, cinq ans avant la sortie du jeu !


C’est chouette, la vie de joueuse au rythme de la lune !
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mardi 26 juillet 2016

Holidays, par Leo Colovini et Michel Polnareff


Holidays est sorti pour la première fois en 2005. Il a été créé par un des plus grands maestros du jeu : Leo Colovini. La boîte contient cent dix cartes représentant soit des destinations, communes à tous les joueurs, soit des vacanciers – hommes, femmes, enfants portant des valeurs de 3 à 8. Pour gagner, il faut marquer 100 points, en envoyant les vacanciers les plus rentables (les cartes les plus fortes) à la destination choisie – et acceptée par tous les joueurs.


En début de partie, on distribue à chaque joueur ses cinq cartes de Destination, ainsi que six cartes Vacancier face cachée. Sur la table, on constitue un pot commun en empilant deux cartes cachées, et une face visible. Ce pot commun va augmenter au fur et à mesure de la partie, et c’est lui que le gagnant raflera en fin de manche.
Le premier joueur propose une destination. Les autres peuvent soit l’accepter, soit proposer une de leurs propres destinations (y compris la même !). Lorsqu’on propose une destination, on doit se défausser d’une carte dans le pot commun.
Si tous les joueurs acceptent la destination, y compris celui qui l’a proposée (!), ils peuvent abattre leurs combinaisons de cartes. Elles doivent bien entendu correspondre à la destination demandée (par exemple, pour la destination Ibiza, il ne faut poser que des hommes ou que des femmes). On additionne les points indiqués sur les cartes. Celui qui en a le plus remporte le pot commun. Là encore, on additionne les points indiqués, et on arrondit à la dizaine inférieure. Si vous totalisez 44 points, vous n’en marquez que 40 (*).




On pourrait reprocher beaucoup de choses à Holidays. Il n’est ni facile à expliquer, ni évident à comprendre. Les premières manches manquent souvent de fluidité, tant la mécanique est retorse. Au fur et à mesure du jeu, vous épurez votre combinaison de cartes. Mais ce faisant, vous vous dépouillez de celles qui pourraient vous être si précieuses lors le comptage final. Pire, vous alimentez le pot commun que vous n’avez aucune garantie de remporter. Dans ce sens, et malgré ses dessins humoristiques et enfantins, le jeu n’est pas à réserver à tout public. Et pourtant, Holidays saura vous récompenser des efforts que vous aurez bien voulu lui accorder. Les parties engendrent une tension terrible, des dilemmes déchirants et une jubilation sans égale lorsque, enfin, vous parvenez à remporter ce fameux pot commun tant convoité.

D’ailleurs, c’est bien simple, Holidays, c’est tellement bien que Michel Polnareff a commencé à en chanter les louanges dès 1972, soit trente-trois ans avant la sortie officielle du jeu (qui n’en méritait pas moins). 




Été comme hiver, on a toujours besoin d’Holidays.
C’est chouette, la vie de vacancière !



(*) Pour consulter l’intégralité des règles, en condensé et gratuitement, rendez-vous sur l’excellent site PoufPafPastèque ! ► ici


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vendredi 17 juin 2016

Nottingham, par Uwe Rosenberg et Hellions





Nottingham est une création d’Uwe Rosenberg parue en 2006. Le jeu est constitué de cartes représentant une action et des marchandises. Pour gagner, il faut marquer le plus de points possible en livrant au moins trois articles identiques, sans se faire détrousser par les brigands cachés dans la forêt ! On peut aussi réaliser des missions spéciales, par exemple livrer sept articles différents, qui permettent de gagner un bonus.


À chaque tour, on pioche une carte qu’on montre aux autres joueurs. On peut soit la garder en main pour plus tard, soit l’utiliser immédiatement pour attaquer les adversaires.
À chaque fois qu’une livraison est effectuée, on déplace le shérif dans la forêt. S’il arrive sur une case 8, par exemple, tous les joueurs qui ont entre zéro et huit marchandises en main repiochent une carte.



Nottingham est un jeu classique, qui ne présente ni difficulté, ni mécanisme révolutionnaire. Il a cependant une particularité assez rare : c’est un jeu gentil, très gentil ! Vous attaquez un adversaire ? Vous lui laissez une carte en dédommagement. Vous parez une attaque ? Vous devez donner une carte votre assaillant. Le shérif se trouve sur votre chemin ? Il est bien possible qu’il vous laisse un petit cadeau au passage !
Les parties ne sont pas facilitées pour autant, et les scores souvent très serrés. Nottingham est indiqué pour trois à sept joueurs, mais il peut assez bien se pratiquer à deux. Les illustrations limpides et amusantes de Christof Tisch rendent les actions intuitives. Le jeu est simple et permet de passer un agréable moment à… se tirer dans les pattes !

D’ailleurs, c’est bien simple, Nottingham, c’est tellement bien que le groupe californien Hellions lui a consacré une chanson entière en 2015 (attention, oreilles sensibles, s’abstenir !) :




C’est chouette d’être joueuse dans la forêt de Nottingham !
D’ailleurs, il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir compris l'intérêt de cette boîte de jeu ;)






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mardi 24 mai 2016

Le jeu solo rend-il sourd ?

Un article initialement publié sur Overblog, le 28 avril 2013


Tout le monde connaît les mots croisés, les casse-tête, le sudoku, les « livres dont vous êtes le héros », les patiences, etc. Ce sont des jeux qui se pratiquent en solitaire. Une multitude d’ouvrages leur sont consacrés, ils sont profondément ancrés dans la culture occidentale, à tel point qu’il ne viendrait à personne l’idée de les remettre en question.


Une facette inattendue du jeu en solitaire est pourtant en train de se développer : le « jeu de société solo ». Il est paradoxal de parler d’un jeu « qui se joue à plusieurs en solitaire ». Cela tient surtout à la définition française du jeu de « société », qui se joue à plusieurs, alors que la plupart des autres langues parlent d’un « jeu de table ou de tablier », préférant, pour le définir, parler de ses règles ou de son matériel spécifique. Après tout, jouer à la pétanque avec ses amis, c’est jouer en société, mais ce n’est pas jouer à un jeu de société. Il n’en demeure pas moins que, pour nombre de joueurs, cette idée de jeu de société solo semble assez incongrue, voire tout à fait licencieuse !

Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Ces dernières années, les éditeurs ont cherché à élargir leur public, en proposant des variantes solo à leurs jeux multi-joueurs. Elles consistent la plupart du temps à marquer le plus de points possible en optimisant ses coups. Parmi ces jeux, on retrouve Genial, Agricola, Horreur à Arkham ou par exemple Set. Set était initialement prévu pour deux à huit joueurs, en 1988. Ses dernières rééditions, datant de 2010 et 2012, l’indiquent maintenant pour un à vingt joueurs ! 





Certains éditeurs ont même décidé de sauter le pas en publiant des jeux directement prévus pour être joués en solo. La voie est ouverte avec brio en 2010 avec l’apparition fracassante d’Onirim, puis Urbion/Equilibrion en 2012, du belge Shadi Torbey. Cela est d’autant plus audacieux qu’Onirim est un « jeu de société coopératif solitaire » ! À noter également la sortie de Vendredi, de l’allemand Friedemann Friese, que les professionnels considèrent comme une très bonne vente. C’est un jeu 100% solo qui a été publié en 2012, après avoir été proposé en gratuit sur la toile.



Mais quel intérêt y a-t-il jouer tout seul ? Il est étonnant que l’on se pose la question, alors qu’elle ne viendrait pas à l’esprit pour les autres activités ludiques en solitaire (mots croisés, jeux sur console ou téléphone, sudoku, patiences etc.). On joue aux jeux solo : pour passer le temps, intelligemment ; parce nos partenaires de jeu ne sont pas toujours disponibles ; parce que lorsqu’on est seul, on peut projeter son propre univers sur le jeu, sans dépendre des autres participants. On joue à ce qu’on veut, quand on veut, et comme on veut : le jeu solo offre une très grande liberté. Les parties sont en général plus courtes (moins de manipulations, d’attente entre les tours), la mise en place est rapide et on évite souvent une explication de règles fastidieuse. Le jeu solo est beaucoup plus souple et s’adapte à toutes les situations.

Malgré cela, les éditeurs restent frileux et rechignent à publier des jeux solo. C’est donc surtout sur la toile qu’on les trouve, en jeux gratuits à fabriquer, et presque toujours en anglais. Voici néanmoins une petite sélection en français, pour vous permettre de goûter à ce plaisir défendu :


ZimP (Zombies in my Pocket)
est devenu un véritable classique du jeu solo. À tel point que lui aussi a été édité et commercialisé, avec une règle permettant de jouer en solo et jusqu’à huit joueurs. N’hésitez pas à essayer la version française de ce jeu désormais culte !




Fairy Tale in my Pocket
ZimP a inspiré de nombreux auteurs et a donné naissance à de multiples variantes sur le même principe. Les zombies vous rebutent ? Eh bien jouez dans l’univers du conte de fées ! Vous pourrez même en faire profiter vos enfants à partir de cinq ans.
10.000 in my Pocket
Non, décidément, les fées, ça ne vous convient pas, car vous êtes un guerrier, un vrai. Qu’à cela ne tienne ! 10.000, c’est le nombre estimé de soldats perses qui menacent votre royaume, et vous seul pouvez sauver la ville. En 16 tuiles, 9 cartes et 15 minutes ! Vous aurez également besoin d’un papier et d’un crayon.



Barricade Zombie/Escape of the Dead
Vous n’en avez pas eu assez, vous en voulez encore ?! Les voilà, tout frais dégoulinants, pile au moment où votre voiture tombe en panne ! Une page de règle, pour quinze minutes de jeu. 



Space Strips Envie d’espace ? Il suffit de demander ! Dans Space Strips, vous devez dégommer les envahisseurs en approche, tout en évitant les météorites ! Durée d’une partie : quinze minutes, deux pages à imprimer : règles + matériel de jeu à découper.


Planet Run Votre vaisseau s’est écrasé sur une planète inconnue. Vous le réparez en quelques jetés de dés. Mais attention à la faune locale : pour pouvoir subsister, il vous faudra également venir à bout des Escarboîtes et autres Rhinovaches !


À la Rescousse de la Terre/Emergency Earth
La Terre a déjà été attaquée par des extra-terrestres, mais jamais à ce point-là. La population compte sur vous, et votre mission est simple : sauver la planète... à l'aide de quatre dés !


Oh my Lair! 
Vous êtes le Seigneur de Ténèbres, en train de boire tranquillement votre café dans votre repaire super secret, lorsque votre espion vient vous informer que quelqu'un veut vous attaquer ! Envoyez-lui vos créatures les plus abominables pour en venir à bout ! Mais attention, la bataille risque d'être rude ! En deux pages, le tour est joué ! :)




Mise à jour 2016
Un fidèle lecteur nous signale qu’il existe également des jeux de rôle solo. Il nous dit : "Il est plutôt rare d’en trouver, mais une légère tendance est en train d’apparaître avec, notamment, The Beast et Happy." Pour se familiariser avec le concept, il nous conseille ces trois jdr solo qui tiennent en une page. Ils sont gratuits et en français :



Apolcalypse 1P : Adaptation libre du dorénavant très classique Apocalypse World, de Vincent Baker. 
 



La Quête du Joker : Avec un simple jeu de 54 cartes, vivez une aventure extraordinaire ! Un exemple de début de partie vous est donné pour vous aider à aborder la notion de jdr solo.








Dans Solo Model, on vous annonce tout de suite la couleur : "Vous incarnez le représentant diplomatique d'un pays, d'une faction ou d'un pouvoir quelconque. Seul face à vous-même, vous allez devoir négocier et apprendre à faire des compromis"


Quelques minutes de bonheur instantané, pourquoi bouder ce plaisir ? Le jeu solo vous fait vivre de grandes aventures ; en revanche, ne comptez pas sur lui vous muscler.




C‘est chouette la vie de joueuse, même d'une seule main !

 

vendredi 22 avril 2016

L'exposition de Boulogne-Billancourt (2005)

Cet article a plus de dix ans. Il est extrait du premier blog Chouette la Vie. Comme Over-blog effectue beaucoup de travaux sur sa plate-forme, et que j'ai déjà perdu pas mal de données, j'ai souhaité conserver ce petit reportage dans un endroit plus sûr. J'avais beaucoup aimé cette exposition, j'ai donc décidé de transférer l'intégralité de l'article ci-dessous.
Même si les renseignements pour se rendre à l'exposition ne sont plus de mise, les images intéresseront encore mes lecteurs, même si, à l'époque, je n'étais pas très douée en photo !
Bonne (re-)découverte !





(2 juin 2005)

Mon exemplaire quelque peu décoloré du catalogue !


Il ne vous reste plus qu’un mois ! Bon d’accord, j’exagère un peu, il vous reste encore un mois et quelques jours. Mais vous ne devez en aucun cas rater ça !

Oui, mais quoi ?

L’exposition qui marque les vingt-cinq ans de la ludothèque de Boulogne-Billancourt pardi ! Elle s’intitule "Le 20e siècle autour d’un plateau de jeu". Y sont présentés plus de trois cents jeux en tout genre, la plupart issus de la collection privée "Pierre et Bilou" (environ 3800 pièces), et de cet endroit unique en France qu’est le Conservatoire national du Jeu (près de 6000 boîtes, c’est dire qu’on ne plaisante pas !).

C’est si intéressant que ça ?

Évidemment ! Vous serez émerveillés de retrouver les jeux de votre enfance, ceux que vos parents et grands-parents ont pratiqués. Vous verrez des pièces rares, comme cet échiquier sphérique, ou très drôle : le jeu "Super Vache", dont la boîte n’est rien moins qu’une brique de lait ! Des jeux sexuels aussi, mais chut ! Vous n’avez qu’à aller voir par vous-mêmes ! Et non loin de là, une boîte éducative : le "Jeu du Savoir-Vivre" de chez Nathan !
Il y a aussi des jeux étonnants : par exemple, un prototype, avec couvercle en kraft, de la "Vallée des Mammouths" de Bruno Faidutti. Il a été primé en 1989, au célèbre concours de Boulogne, très prisé par les créateurs. Des jeux surprenants, comme le "1000 bornes de la Bible", des jeux originaux, comme le "Scrabble"... en russe et en arabe !

Oui, mais je n’aime pas les jeux !

Ah bon ?! Qu’à cela ne tienne ! L’histoire, vous n’aimez pas non plus ? Le XXe siècle ne vous concerne pas ? Hm ? Pourtant le jeu s'est imposé comme objet culturel, avec sa propre histoire, mais il est aussi le témoin de son époque, de la "grande" Histoire.

L’exposition s’articule sur deux étages.

Au rez-de-chaussée, c’est un parcours chronologique qui débute avec l’Exposition Universelle de 1900, pour s’achever avec l’arrivée de l’euro. Les deux premières guerres mondiales y sont largement évoquées, ainsi que la naissance du métro parisien, le développement de l’automobile, de l’aviation, du réseau ferroviaire, la conquête de l’espace, etc. !

Au premier étage, le parcours est plutôt thématique

On y parle de sports, de BD, de radio et de télévision, et même de "Casimir" ! Sans compter les grands faits de société : "Le Festival de Cannes", "Mai 68", les Jeux Olympiques de Grenoble, la pollution, le chômage avec le Chomageopoly, "La Lutte des Classes". Et même le tabagisme, avec "le Casse-Pipe" – jeu où vous débutez riche et en bonne santé, mais où vous sombrez rapidement dans le tabagisme, et devez tout faire pour sauver votre peau (vos poumons !).


C’est bien beau tout ça, mais les jeux sont sous vitrine, on ne peut pas jouer !

Détrompez-vous ! Tous les mercredis et tous les samedis, la ludothèque organise de passionnantes animations autour, et avec, les jeux. Ça se passe dans le grand auditorium, que vous trouverez au bout du couloir, à gauche, juste avant la sortie.


Oui, mais je suis seul, et je n’y connais rien !

Eh bien justement ! Raison de plus ! Venez ! Il y a de nombreux animateurs présents pour vous expliquer tous les jeux ! Et croyez-moi, ils ne refusent jamais une partie !


Le programme est super, mais ça doit coûter cher tout ça ?

Eh bien non ! Figurez-vous que c’est même totalement gratuit ! Qu’il s’agisse des animations, ou de l’exposition proprement dite, vous ne payez strictement rien ! Vous n’avez plus aucun prétexte pour ne pas y aller !
D’ailleurs, moi, j’y retourne. C’est trop chouette l’expo de Boulogne-Billancourt !
L'exposition commence :



Les jeux de notre enfance :





Pour les fans de mécanique :

Les voitures, c'est bien connu, ça parcourt des kilomètres... euh... des bornes !


Et mieux vaut ne pas lire au volant !



On peut aussi prendre un deux roues :

Ou voyager en bateau (sur la première photo, on remarque en bas, à gauche, les éditions russe et arabe du Scrabble) :

Une ancienne boîte de "Long Cours" en faux bois :


On reste dans le bois avec cet échiquier sphérique :



 Le Jeu du Savoir-Vivre :


Paris Trust est une tentative de francisation du Monopoly, avant sa sortie chez nous. On devait payer... en louis !

 Une armoire pleine de jeux primés à Boulogne :


La BD entre en scène :

 

Mais il ne faut pas oublier la dure réalité :
 


Ni de reprendre des forces en buvant du bon lait bien frais :



Exposition "Le 20e siècle autour d’un plateau de jeu" - Du 17 mai au 13 juillet 2005
Centre Georges Gorse, 22 rue de la Belle-Feuille, 92100 Boulogne-Billancourt, M° Marcel Sembat
* Gratuit * Ouvert du lundi au samedi, de 8.30 à 22H.


Merci à Monsieur Phal pour la photo du Chomageopoly et à Manuel Rozoy, de la ludothèque, pour m'avoir éclairée sur l'organisation de l'exposition.

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Bonus 2016
À l'occasion de l'exposition, la ludothèque de Boulogne-Billancourt avait édité un petit catalogue de 84 pages. En voici un aperçu. On remarque, au bas de chaque page, une "timeline", véritable fil conducteur de l'exposition, et du catalogue !












C'est chouette, la vie de vieille joueuse ! :)